Troisième conférence de Phytopathologie
L’Unité de Recherche de Phytopathologie et Protection des Plantes, Département de Biologie et Physiologie Végétales (URPPP) de l’Université de Yaoundé I et l’Association des Phytopathologistes de la zone CEMAC (APHYCEM), organisent les 28 et 30 Octobre 2026 à la Faculté des Sciences, la troisième conférence scientifique de phytopathologie sous le thème « Phytopathologie, santé des plantes et sécurité alimentaire».
<p>L’Unité de Recherche de Phytopathologie et Protection des Plantes, Département de Biologie et Physiologie Végétales (URPPP) de l’Université de Yaoundé I et l’Association des Phytopathologistes de la zone CEMAC (APHYCEM), organisent les 28 et 30 Octobre 2026 à la Faculté des Sciences, la troisième conférence scientifique de phytopathologie sous le thème « Phytopathologie, santé des plantes et sécurité alimentaire».<br>I. CONTEXTE ET JUSTIFICATION<br> L’agriculture occupe une place de choix dans la vision de développement dont la finalité est de faire du Cameroun, « un pays émergent, démocratique et uni dans sa diversité» à l’horizon 2035. Ce secteur reste le principal pilier de la relance économique du pays à travers la génération d’emplois, le processus de promotion de l’autosuffisance et de la sécurité alimentaire, et sa contribution à la croissance économique, induisant des effets d’entrainement sur les autres secteurs. <br>Outre son statut d’Afrique en miniature que le confère son potentiel naturel et sa grande diversité agro-écologique, la disponibilité et la fertilité des sols, sa jeunesse dynamique, le Cameroun dispose d’un système de recherche agricole structuré dont les nombreux programmes de recherche menés par les institutions de recherche et les universités produisent des résultats qui attendent à être utilisés pour booster les performances du secteur. Ce potentiel offre des opportunités tant pour le développement des entreprise agricoles tant paysannes qu’industrielles. Ceci justifie par ailleurs, ces dernières années, l’accroissement des produits de rente, destinés à l’’exportation notamment, le cacao, le café, le coton, la banane, l’huile de palme le caoutchouc, l’anacarde. L'agriculture vivrière, qui regroupe les céréales, les racines, les tubercules et bananes, les plantes oléagineuses, les fruits et légumes, est essentiellement tournée vers l'autoconsommation et l'économie de subsistance et en grande partie autoconsommée par les agriculteurs et la population locale. Cette dernière est confrontée aujourd’hui au défi de sa transition vers à une production rurale intensive permettant d’assurer la sécurité et l’autosuffisance alimentaires, d’approvisionner l’industrie de transformation et de créer un marché et une consommation internes pour les filières extraverties et enfin, de développer les exportations et améliorer la balance commerciale .<br>D’après le PNVRSA du MINADER, 3 597 014 personnes sont en insécurité alimentaire aiguë au Cameroun. Cette insécurité alimentaire des populations de 17 départements en crise est principalement favorisée par les conflits multiformes et les Déplacés Internes (597 909), le conflit Russo-Ukrainien, la pandémie Covid-19, la consommation alimentaire inadéquate, la baisse des revenus des ménages, la hausse des prix des intrants agricoles (engrais, pesticides, semences certifiées), les aléas climatiques (retard et insuffisance des précipitations, inondations, sécheresse etc...) et les ennemis des cultures. Ces difficultés alimentaires rencontrées par les ménages entrainent des déficits énergétiques et nutritionnels importants susceptibles d’accentuer davantage la détérioration de leur situation alimentaire. En outre, dans la partie septentrionale, la compétition entre éleveurs sédentaires, transhumants et agriculteurs pour l’usage des terres, et la remonté des eaux favorisent l’augmentation des conflits agropastoraux et la réduction des récoltes.<br>Par ailleurs, la COVID-19 a négativement affectée tant la production que l’écoulement des principales cultures (maïs, manioc, plantain, riz. L’une des conséquences a été l’indisponibilité des produits phytosanitaires dans la plupart des bassins de production. L’approvisionnement en produits phytosanitaires des producteurs de tomates, de cacao, de pomme de terre en a particulièrement été affecté. Plus de 2/3 d’exploitations agricoles ont connu des difficultés à écouler leurs productions . Ceci a entrainé en plus de la réduction de la production de ces principales cultures, une augmentation des pertes après-récolte. <br>Face à ces défis, de l’insécurité alimentaire des mesures visant le renforcement du dispositif de suivi des stocks, des flux des denrées agricoles et du dispositif de subvention des intrants agricoles (engrais et pesticides), la sécurisation des pistes à bétail et les zones de pâturage, et d’accompagnement de la promotion des pratiques agro écologiques pour les petits producteurs ont été retenues. Par ailleurs, des collaborations entre les structures de recherche agricoles ont été encouragées afin de promouvoir des techniques de production biologiques/organiques et de réduire la dépendance au produits intrants chimiques et donc la création des intrants agricoles « made in Cameroon ». En somme, la valorisation des synergies entre agriculture et l’élevage est encouragée par les politiques actuelles du développement agricole.<br>Dans le souci de renforcer la résilience du système agropastoral, de favoriser la professionnalisation des exploitations, de faire de l’agropastoralisme un pourvoyeur d’emplois pour jeunes, des politiques et programmes ont été mis sur pied par le Gouvernement avec l’appui de ses partenaires de développement Agricole, en vue de l’entrepreneuriat agropastoral. Le PEA-jeunes est l’une de ces entreprises du gouvernement à améliorer les performances économiques des principales filières agropastorales et à augmenter leurs revenus.<br> Par ailleurs, la protection des végétaux étant un moteur important pour la sécurité alimentaire, la pression des ravageurs et maladies, causant les pertes allant de 10 à 40%, constitue un défi important du secteur agropastoral. Ces ravageurs et maladies affectent la productivité, la disponibilité, la profitabilité, les coûts des produits et la qualité de la nourriture. La gestion effective de la santé des plantes devient donc une urgence surtout face à l’utilisation intensive des pesticides chimiques qui ont un effet néfaste sur la santé et l’environnement. Des initiatives visant la promotion des méthodes de lutte biologiques ou intégrées contre les ennemies des cultures sont encouragées. <br>Au niveau universitaire, dans le but de promouvoir la gestion des ravageurs et des maladies en utilisant les méthodes alternatives et respectueuses de l’environnement, plusieurs laboratoires ont vu le jour, parmi lequel le Laboratoire de Phytopathologie dirigé par le Professeur AMBANG Zachée depuis sa création en 2004, mène des travaux portant sur le développement des technologies respectant les principes de santé, d’écologie, d’équité, et de précaution à travers l’utilisation des extraits végétaux et des biopesticides. Les travaux menés sur les extraits de plantes telles que Thevetia peruviana, Azadirachta indica, Jathropha curcas, Crinum zeylanicum etc. ont montré leur efficacité sur les ravageurs et les maladies du Cacao, café, hévéa, bananier, arachide, manioc ; pomme de terre, espèce forestière etc. (Ambang et al. 2010 ; Kosma et al. 2011 ; Ngoh Dooh et al. 2014 ; Mboussi et al. 2016 ; Ndogho et al. 2018 ; Dida et al. 2019 ; Ngatsi et al. 2020 ; Koulla 2021 etc.). Par ailleurs, les microorganismes antagonistes à l’instar de Trichoderma spp., Beauveria bassiana et Bacillus thuringienssis (Ambang et al. 2002 ; Mbarga et al. 2014 ; Ngo Ngambi et al. 2020 ; Manga et al. 2020 ; Membang et al. 2022 etc.). D’autre travaux ont montré l’efficacité des biofertilisants à base de mycorhize (Ambang et al. 2008 ; Gbaporo et al. 2021) de compost (Kutnjem et al. 2017 ; Ndongo et al. 2023). Les travaux de recherches ont été menés sur diverses cultures y compris les cultures vivrières (le maïs, la tomate, la pomme de terre, le haricot, taro, soja, gombo, manioc…) et les cultures de rentes (café, cacao, bananier-plantain). Les maladies des arbres en pépinière ou en champs dans le cadre de l’agroforesterie ont également été menés sur l’hévéa, l’ébène, l’ayous, l’irvingia, les agrumes… Le Laboratoire de Phytopathologie travaille dans ces différentes thématiques en collaboration avec des institutions universitaires, des institutions gouvernementales (MINADER, ONACC, l’IRAD), les institutions internationales telles que le CBI, l’ITTA, le CIRAD, ainsi que les organisations privées telles que DP Agroforesterie, FIMEX INTERNATIONAL, ELEPHANT VERT, PADCACAO. De nos jours, l’on compte 07 Enseignants Chercheurs, 30 Thèses Doctorales, 10 Etudiants en thèse, 215 Masters, 35 Etudiants en Master, 205 Publications issues de ce laboratoire de Phytopathologie.<br>Cependant, les produits biologiques efficaces (biopesticides) développés jusqu’ici sont restent peu ou pas vulgarisés au niveau des phytopharmacies, des marchés locaux, régionaux ou internationaux et même auprès des producteurs. Le manque d’esprit entrepreneurial dans le circuit de développement des produits constitue une limite au développement d’entreprise agricole à partir des résultats pertinents de la recherche. <br>Comment les potentialités naturelles, institutionnelles dont dispose le Cameroun peuvent-elle être convenablement valorisées à des fins de prospérité de l’activité de recherche et entrepreneuriale agricole pour créer les richesses, assurer la sécurité alimentaire, faire reculer la pauvreté à un niveau résiduel et porter la croissance du pays ? Telle est la question que la 2e Conférence de phytopathologie adressera. <br>Afin d’accompagner la vision de développement du pays, la 3e conférence de phytopathologie entend étendre son rayonnement hors des frontières du Cameroun, avec la participation des chercheurs de la sous-région CEMAC, à travers les supports audiovisuels mobilisés pour la circonstance. De plus, visant la zone CEMAC, le laboratoire de Phytopathologie s’associe à l’Association des Phytopathologistes de la Zone CEMAC (APHYCEM) pour cette troisième conférence de Phytopathologie. <br>L’Association des Phytopathologistes de la Zone CEMAC (APHYCEM) a été créée en 2003 et officielle déclarée sous le numéro 0114/RDA/J06/BAPP du 20-Fev-2003 à la préfecture de Yaoundé Cameroun. L’adresse postale, téléphonique et électronique de cette association est la suivante : BP 2094 Yaoundé, Cameroun, E-mail : aphycem@yahoo.fr et Tel : +237 673104585 ou +237 699560087. Cette association scientifique regroupe, des chercheurs des instituts de recherches publiques, des institutions privés, les enseignants de phytopathologies des universités d’Etat et des Universités privées. Au cours de la période allant de 2003 à 2023, l’APHYCEM a connu un grand succès avec l’organisation d’une Conférence International à Dschang et une assez grande mobilisation de ses membres. Les différents axes stratégiques de l’APHYCEM sont la-Relance de l’APHYCEM au Cameroun et dans les pays de la CEMAC ; Faire un inventaire des phytopathologistes au Cameroun, dans la sous-région et à la diaspora ; Mener des réflexions en vue de la création d’un journal scientifique ; Encourager les jeunes à développer des START UP susceptibles d’apporter des solutions aux problèmes des jeunes chercheurs ou de jeunes en stages de recherche dans un laboratoire de phyto pathologie ; Promouvoir des liens entre l’Association et les structures ou ministères sectoriels comme l’Agriculture, le commerce et industrie et Norme ; Développement des liens formels entre l’APHYCEM et les Universités ; et l’Elaboration d’une base de données sur les maladies des cultures.<br> Les objectifs de l’APHYCEM sont de Promouvoir le développement de la pathologie végétale dans les domaines de la recherche, de l’enseignement et de la vulgarisation ; Organiser des rencontres scientifiques entre phytopathologistes de la zone CEMAC ; Susciter et favoriser les concertations et les échanges entre les phytopathologistes et les spécialistes connexes et ceux des domaines de la santé animale et humaine ; Contribuer à la vulgarisation des connaissances pour le bien-être des populations à travers des sensibilisations sur les risques liés aux maladies des plantes, aux résidus de pesticides et aux mycotoxines qui sont nuisibles à la santé humaine et animale et à l’environnement ; Contribuer à la diffusion de l’information phytosanitaire par l’intermédiaire de différents supports (Bulletins, journaux, journées portes ouvertes, et plateforme internet) ; Développer la capacité humaine et matérielle de ses membres ; Susciter et maintenir des contacts permanents avec toutes les associations poursuivant les mêmes buts pour un rendez-vous du donner et du recevoir ; et de Promouvoir la promotion de la Protection Intégrée contre les nuisibles.<br> <br>II. OBJECTIFS VISES <br>1. Objectif général <br> Contribution de la phytopathologie dans le maintien de la sécurité alimentaire via la protection des plantes cultivées et les forêts tout en encourageant la transformation des résultats de la recherche pour la création d’entreprises agricoles.<br>2. Objectif spécifiques<br> Présenter les travaux de recherche (Master, Doctorat) au travers des exposés oraux et posters ;<br> Vulgariser les actes de la deuxième conférence<br> Stimuler les étudiants sur la recherche et l’entrepreneuriat au travers des présentations des entrepreneurs bio-agréés<br> Apporter des conseils, orientation, management aux étudiants, producteurs et autres visiteurs via un stand d’exposition ;<br> Mettre à la disposition du public un guide sur les maladies, les ravageurs et les méthodes de protection des plantes ;<br> Sensibiliser le public sur les dangers de l’utilisation des produits toxiques ;<br> Sensibiliser le public sur la gestion intégrée des bio pesticides comme moyen de lutte contre les maladies et les ravageurs des plantes ;<br> Sensibiliser les politiques sur la valorisation de l’agriculture biologique et entrepreneuriale;<br> Promouvoir les méthodes innovantes en phytopathologie et en agriculture en général ;<br> Promouvoir les méthodes de gestion des bioagresseurs de pépinières forestières et forêts.<br> Encourager l’excellence par la remise de prix et des certificats de participation.<br> Mettre sur pied un nouveau bureau de l’APHYCEM</p>
<p>III. PRINCIPAUX RESULTATS ET BENEFICIAIRES<br>1. Résultats attendus<br> Conception d’un proceeding ;<br> Sélections des produits et des technologies qui peuvent être développés en start-up ;<br> Remise des prix d’excellence ;<br> Protection des espèces forestières<br> Remise des certificats de participation ;<br> Confection des guides sur les bonnes pratiques à l’utilisation des produits biologiques ;<br> Confection des guides sur la gestion intégrée des bio-pesticides des maladies et ravageurs ;<br> Installation d’un nouveau bureau de l’APHYCEM.</p>
<p>2. Impacts souhaités<br> Contribution à la lutte contre l’insécurité alimentaire<br> Adoption de la lutte biologique dans la gestion des maladies et ravageurs des plantes<br> Financement des projets de recherches et start-up ;<br> Equipement du laboratoire ;<br> Diversification et valorisation des produits forestiers<br> Valorisation des résultats de la recherche en créant des start-ups ;<br> Renforcement des partenariats public-privé ;<br> Création d’emplois ;<br> Relance de l’APHYCEM. </p>
<p>3. Bénéficiaires<br>a. Bénéficiaires directs<br> Etudiants ;<br> Enseignants ;<br> Chercheurs ;<br> Laboratoire ;<br> Universités ;<br> Agriculteurs.<br> Consommateurs.</p>
<p>b. Bénéficiaires indirects<br> Partenaires<br> Etat du Cameroun<br> Pays CEMAC</p>
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